Coupe du monde féminine: Les Etats Unis champions du monde

Accrochées pendant une heure, les filles de Jill Ellis ont finalement fait logiquement la différence grâce à un penalty de Megan Rapinoe et à un coup de pétard de Rose Lavelle pour battre les Pays-Bas dimanche, à Lyon (2-0). Les Américaines sont championnes du monde pour la quatrième fois de l’histoire, la deuxième d’affilée.

Ils aiment dire qu’un tel sommet est le lieu des « et si ? » , celui des petits détails qui font toute la différence et changent les fiches Wikipedia. Alors, vraiment ? Non, pas cette fois, pas encore, même si les Pays-Bas auront davantage résisté que le Japon, mené 4-0 après seize minutes de jeu lors de la finale de 2015, et que toutes les équipes de ce Mondial. Lors du mois écoulé, personne n’avait fait barrage plus de douze minutes avant d’encaisser un but américain : les championnes d’Europe en titre auront tenu plus d’une heure. Puis, l’inévitable sens des choses : Rapinoe, Lavelle, Morgan, Dahlkemper, Jill Ellis qui tombe au moment de célébrer un but et tout un pays qui souffle. Sans surprise, les États-Unis conservent leur couronne et ce avec le plus grand nombre de buts marqués sur une même Coupe du monde (26) : du jamais vu.

Baston et réflexes

Une finale de Coupe du monde dans toute sa splendeur. On a vu dimanche une joueuse top-modèle étendue au sol, seule avec sa douleur, après seulement quatre minutes de jeu et on a compris : si ce rendez-vous entre les États-Unis et les Pays-Bas promettait des étincelles, il a finalement accouché d’une baston pure et simple. Car on n’en avait pas fini avec les impacts. Pêle-mêle, on a aussi vu Samantha Mewis se faire découper comme un saucisson par Danielle Van de Donk et Rose Lavelle transformée en piñata par la paire Martens-Spitse. Le cadran tournait depuis à peine dix minutes, le jeu se devait d’arriver enfin : s’est-il pointé ? Tardivement, car les États-Unis ont longtemps peiné à trouver des espaces au cœur du compact schéma hollandais là où les Pays-Bas, eux, ont surtout cherché à devenir la première équipe du Mondial à résister plus d’un quart d’heure à l’ogre américain.

Exploit réussi et plus encore : la bande de Wiegman a réussi à éteindre une Rapinoe finalement titulaire mais peu flamboyante dans le jeu et à contenir parfaitement l’influence d’Alex Morgan. Alors, les championnes du monde en titre ont dû se creuser la tête et l’ont sorti pour de bon à la demi-heure de jeu, Julie Ertz poussant Van Veenendaal au réflexe (28e). Ce qui a sonné le début du show de la gardienne néerlandaise, libre de tout contrat depuis son départ d’Arsenal mais en ébullition sur la fin du premier acte, notamment devant Mewis et Morgan (38e), puis sur une praline lointaine de la pointe du Pride d’Orlando (40e). Une ode à la résilience.

Rapinoe, label et la bête

Et aux embrouilles, Stéphanie Frappart oubliant notamment un penalty aux États-Unis après une intervention très limite de Bloodworth en première période et voyant la casse s’accumuler sous ses yeux : après un contact tête contre tête avec Lieke Martens, Kelley O’Hara ne ressort pas des vestiaires à la pause alors que Sauerbrunn voit son arcade exploser suite à un duel avec Van de Donk. L’intervention folle de Van der Gragt sur Alex Morgan à l’heure de jeu -un pied levé à hauteur de l’épaule droite de la buteuse américaine- se transforme alors en punition logique et Rapinoe ouvre le score sur penalty (1-0, 61e).

L’effet ? Une tentative de réponse solitaire de Miedema, puis un deuxième coup de marteau sur les têtes hollandaises : huit minutes après l’ouverture du score de sa capitaine, Rose Lavelle vient doubler la mise d’une frappe du gauche à l’entrée de la surface (2-0, 69e) et balaye définitivement les Pays-Bas, Van Veenendaal devant dans la foulée sauver les meubles face à Heath (71e), Morgan (72e) et Dunn (76e). Finalement, c’est à cet instant qu’on aura vu les filles de Wiegman cadrer leur première frappe de la rencontre via une maigrichonne tentative de Beerensteyn (77e). Ellis vient alors de se tourner vers le temps des récompenses pendant que Tobin Heath ne cesse de tricoter : Megan Rapinoe sort de scène, ovationnée par tout le Groupama Stadium, et emmène les clés de la finale dans son short. Les États-Unis viennent de broder leur quatrième étoile mondiale.

SOFOOT

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